08.03.2009
"Demain le livre" : patrimoine numérique aujourd'hui et demain
Avant qu'Alban Cerisier nous en rappelle toute l'utilité pour les projets de livres numériques (epub) développés par Gallimard, les concepteurs d'un outil de gestion de fond et de flux de ressources numériques (images, textes, vidéos...) ont exposé au salon Demain le livre* les enjeux très concrets d'une numérisation/digitalisation des formats, des usages et des ressources pour un éditeur.

De quoi réflechir à une autre "chaîne du livre" - déjà présente dans les moeurs de quelques maisons (Gallimard donc, mais aussi Elsevier) : du pré presse au epub, la gestion des flux des ressources éditoriales est aujourd'hui une donnée essentielle qui ne concerne plus seulement le stockage/archivage des textes et images d'un ouvrage, mais l'exploitation de nouvelles ressources : vidéos, bases de données documentaires, etc. Ces ressources qui composeront les livres numériques de demain. S'il est déjà question en effet du patrimoine de l'éditeur (perdre un fichier c'est bien souvent perdre un texte), de la sécurisation et la confidentialité des ressources, de la très problématique pérennité du stockage (que seront mes Jpeg devenus dans 50 ans ? Quels outils me permettront de les exploiter ?), c'est une forme d'efficacité, de souplesse et de rapidité dans l'exploitation des ressources à venir qui est recherchée. Le format epub se prête comme on sait à l'insertion, dans le texte, de vidéos, de fichiers sons, de bases de données documentaires, ou encore des multiples possibilités d'animer une image : une démo a montré par exemple les fonctionnalités permettant de zoomer sur un détail d'un plan de Paris en conservant une qualité optimale (sans les multiples manipulations - la "chromie" - qui sont encore nécessaires pour modifier les images afin de l'adapter au PDF print), ou encore de générer un catalogue interactif à partir de quelques visuels.
Il s'agit aussi d'un patrimoine exponentiel, qui intégrera demain des bannières publicitaires animées par exemple. Notons au passage que la question de l'actualisation se posera nécessairement pour ces ressources : quelles "réimpression" ou "édition revue et augmentée" en effet pour le livre numérique de demain ? Son actualisation fera-t-il l'objet d'un autre BAT numérique, et d'une autre commercialisation ? Des questions qui concernent aussi la chaîne économique du livre de demain.
Pour l'heure, les métiers intégrés aux équipes éditoriales (en particulier aux équipes de fabrication) vont bien entendu être modifiés par ces nouveaux formats ; mais il faut aussi rappeler (Alban Cerisier ne s'en est pas privé) les limites de cette conception multi-média (au sens propre) du texte : certains textes imposent une mise en page "signifiante" qui résiste aux possibilités offertes par l'outil. Quoi faire en effet des "Mille milliards de poèmes" ou des "preuves iconographiques" du second Panégyrique de Guy Debord ?
Au passage, voilà le chiffre du jour : 281 milliards de giga octets seraient actuellement en circulation sur la planète. Soit 45 GO par être vivant. On estime à 1800 milliards le nombre de GO qui circuleront sur le réseau en 2011...
"et moi, et moi, et moi..."
* Demain le livre, jeudi 5 mars, Conférence IGS-CP - Mediacase.
Publié dans Livre et numérique : actualités | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : livre numérique |
Facebook


Commentaires
Merci pour votre billet, il est dommage que nous n'ayons pas pu prolonger la discussion après la conférence.
Une prochaine fois...
Ecrit par : cyril | 08.03.2009
Écrire un commentaire