30.09.2007

Brouvard et Pércutet

39e7a9f828f7de7cab366aacbfea2819.jpg


Faisons un rêve...

Deux quadragénaires se croisent non plus sur le bord du Canal Saint-Martin par un jour de grande chaleur mais sur un forum consacré aux nouvelles technologies. Ils sont tous deux célibataires, barbus, ils se soucient peu de leur apparence en général, ils sont ordinaires, vont peu au cinéma, lisent Le Monde en ligne et passent quelque 12 heures par jour devant leur écran 15 pouces. A force d’ennui sur les bancs du lycée, puis dans leurs amours déçues, puis dans leur travail décevant, ils se sont passionnés, successivement, pour l’informatique (vers 17 ans), les jeux en réseau (21 ans) puis pour Internet (vers 30 ans) - cette dernière passion ne s’étant pas démentie, ranimée au contraire au gré d’inventions et de débats qui se renouvellent sans cesse. L’un s’appelle Brouvard, l’autre Pércutet. L’un vit en proche banlieue parisienne, l’autre en Normandie. Leur rencontre – virtuelle - est un hasard bien fait, ils s’entendent à merveille, ils partagent les mêmes opinions – sagement critiques, philanthropiques, celles de libres penseurs qui croient au progrès – et ne tardent pas à s’échanger l’adresse de leur blog où quelques rares égarés viennent parfois lire leur prose polémique et acerbe. Ils sont inconnus dans l’immense toile, l’idée d’exposer leur photo ou leur curriculum sur ces « réseaux sociaux » très à la mode les révulse : ils jugent avec sévérité ce nouvel artifice de la « communauté ». Brouvard et Pércutet, comme leur « avatars » créés il y a plus d’un siècle par Flaubert, ont observé et étudié successivement l’agriculture (les O.G.M., qui firent l’objet de quelques « posts » bien tournés de la part de Brouvard), l'éducation (Pércutet fut un temps séduit par un projet de start-up en "e-learning") la politique mondiale (Pércutet déplorant, dans un billet très complet, la triste situation des institutions internationales en ces temps de mondialisation qu’il qualifie, dixit, de «faussement maîtrisée»), ou encore la littérature (Brouvard dénonçant, non sans véhémence, l’affadissement des publications des éditions de Minuit, Pércutet n’en finissant pas de déplorer qu’un Houellebecq connaisse un succès aussi peu mérité, et tous deux se réconciliant dans un sage éloge de Pierre Assouline).

Dans le plus grand secret, Pércutet arrondit ses fins de mois dans sa petite cabane au Canada sur Second Life. Brouvard n’a jamais renoncé à rencontrer sur divers sites spécialisés quelques jeunes bibliothécaires (toujours majeurs cependant), d’Evreux et d’ailleurs, ou des commerciaux de passage à Rouen. Cachottiers, ils gardent chacun un petit jardin secret, caché dans les recoins de la toile. Internet, c’est quand même bien pratique.

Un temps Brouvard s’est passionné pour les perspectives «borgésiennes» (il avait justement volé l’adjectif sur le blog de Pierre Assouline) du projet Europeana, mais six mois plus tard il observait, non sans impertinence, que le projet ne faisait plus l’objet de la moindre actualité. Il eut même droit à un commentaire peu circonstancié, qu’il conservait pieusement, de la part d’un Chargé de mission à la B.N.F qu’il avait attiré sur son blog. Pércutet quant à lui, plus libéral, avait toujours défendu l’esprit d’innovation «qui faisait bouger les choses» de l’entreprise Google. Mais il taisait sa déception devant cette «Recherche de livres» tellement prometteuse, qui lui semblait propre à lever tous les obstacles obscurantistes des gauchistes de la toile - tous opposés au progrès et à la diffusion du savoir : chaque fois qu’il «recherchait un livre» il se trouvait face à de longues et fastidieuses listes de références, toutes en anglais. C’était tracassant : Pércutet était un farouche francophile, il ne lisait pas l'anglais.

Brouvard et Pércutet aiment cette saine émulation qui les fait se concentrer sur les bouleversements que connaît aujourd’hui la communication entre les individus de la sphère occidentale (et bien au-delà ! hélas, ni l’un ni l’autre ne connaissent la Chine ni le chinois…) Ils se passionnent pour le « 2.0 », ils n’en finissent pas d’observer ses « nouvelles applications » et d’imaginer celles à venir. Brouvard a même lu Attali et Pércutet fréquente les «Carrefours des possibles». Tous deux sont sous le coup des deux principes de notre modernité - surtout la plus récente - que Valéry et Flaubert ont formulés, chacun à sa manière - une manière à la fois ambigüe, cruelle, bienveillante, ironique, lucide et profondément indulgente : « Pour qu'une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps. » et « Les gens sont persuadés de dire la vérité simplement parce qu’ils disent ce qu’ils pensent ».

Est-ce leur curiosité d’amateur qu’il faut louer, et savoir gré à ces nouveau moyens qu’ils ont de l’exprimer avec liberté et profusion, ainsi que leur pensée et leurs idées – ou bien est-ce leur cuistrerie, leur vanité, l’inutilité de leurs opinions, la banalité de leur conceptions, leur ignorance qui a trouvé un nouveau moyen, pratique et peu coûteux, de s’épancher ? Brouvard et Pércutet sont-ils les nouveaux honnêtes hommes ou les crétins d’aujourd’hui ? Et la question a-t-elle changé depuis que Flaubert, après Cervantes, a écrit sans parvenir à l’achever Bouvard et Pécuchet, roman forcément ambigu qui passionnera Borges et qui préfigure cent ans (au moins) de « notre » rapport au savoir, à la connaissance et au monde ?

26.09.2007

2.0 = zéro

Le blog des éditions Léo Scheer profite de l'article paru dans rue89, où l'interactivité (mot déjà ancien) du "2.0" (plus moderne) est accusée de corruption, pour rappeler tout le mal que les gens se veulent entre eux. En gros, certains éditeurs feraient la claque d'un auteur concurrent, en créant des lecteurs fictifs qui déposent des commentaires très méchants sur les livres dans les espaces de Fnac.com et Amazon réservés à cet effet. Haros et tomates fusent : au pilori ! Et tout ça dans l'ambiance nauséabonde d'un univers virtuel où chacun peut à l'aise se faire passer pour un autre, voire pour personne, ce qui bien sûr ne l'empêche pas de "dire ce qu'il pense".

De fait les "anonymes" (mots de toujours, comme les lettres qu'ils écrivent) sont aussi faciles à créer et à faire causer aujourd'hui que les "avatars" (qui ne sont pas exactement les mêmes, mais le mot là encore est très tendance). Et ils causent, ils écrivent plutôt, sur à peu près tout, et les livres en particulier. Alors, piège à con ou liberté d'expression "participative" ??

8ab91215ec7638390e88c7fa90cda4ff.jpgA moins qu'il ne s'agisse d'un véritable emmerdement pour les éditeurs, les libraires, les auteurs et un peu tout le monde. Liberté, que de conneries on aura inventé en ton nom...

http://www.rue89.com/2007/09/23/denigrez-il-en-restera-quelque-chose-sur-le-net

24.09.2007

Gros lecteurs et vaches maigres

A l'occasion du Salon du livre de Paris, en mars, Le Monde interrogeait quelques éditeurs, des plus célèbres aux moins connus, sur leurs visions du marché du livre et de ses changements ces dernières années. L'une des réponses les pus pertinentes fut sans doute celle de Christian Bourgois, avis autorisé s'il en est, qui demandait qu'on lui "rende" les deux ou trois mille "gros lecteurs" qui assuraient autrefois les ventes des nouveautés même les plus audacieuses. Deux ou trois mille ventes, pour tout éditeur, c'est un cap économique et symbolique souvent décisif. Certes le très grand nombre de parutions - beaucoup plus important que celui de ces "grandes années" qu'avait connu le créateur de 10/18 - qui pour beaucoup "plombe" aujourd'hui le marché du livre, compte aussi pour comprendre des comportements de lectures et d'achat des livres différents d'il y a trente ans. Mais cette donnée chiffrée reste à explorer et à affiner : le "gros lecteur" est-il en voie de disparition, voire déjà fossilisé? A-t-il, dans les mutations génético-médiatiques qui ont marqué le changement d'ère livresque de ces dernières années, donné naissance à une multitudes de "petits" lecteurs et consommateurs? Claire Beslile avait déjà posé ces bonnes questions dans l'ouvrage collectif qu'elle avait consacré à la lecture numérique (ENSIBB) ; une enquête retrouvée, elle aussi publiée en mars 2007, synthétise utilement quelques données "du" problème.

Verbatim :


"Le taux de forte pratique de la lecture de livres (définie comme le pourcentage de la population ayant lu plus de 20 livres au cours des 12 derniers mois) a connu une érosion régulière au cours du dernier quart du siècle dernier (28% en 1973 et seulement 19% en 1997). Mais plus encore que l’ampleur de la baisse des « gros lecteurs », c’est son caractère général qui est frappant (voir tableau 5) : le noyau de gros lecteurs a diminué régulièrement aussi bien chez les hommes que chez les femmes, chez les bas diplômés que chez les hauts diplômés, dans tous les types de foyers et dans toutes les générations."

"Le fait que la part de gros lecteurs ne réaugmente plus (ou en tout cas pas de manière très marquée)vavec l’arrivée à l’âge de la retraite s’explique par la montée des loisirs audiovisuels (radio et surtout télévision) qui rencontrent un plus grand succès auprès des retraités."

Notons cependant, afin de relativiser les (mauvaises, évidemment) influences des "nouveaux" médias (ci-dessus, notre bonne vieille télévision), une remarque importante qui concerne, dans la même étude, l'érosion forte et régulière du lectorat de la presse quotidienne : "Le recul de la proportion de lecteurs réguliers de presse quotidienne s’explique donc par un phénomène générationnel négatif très marqué : la presse quotidienne subit une perte additionnelle de son lectorat à chaque nouvelle génération. (...) C’est donc un phénomène générationnel négatif ancien et de grande ampleur qui amène à dresser un portrait pessimiste d’une pratique continuellement déclinante dont le recul est perceptible dès les années 1950, soit bien avant l’arrivée des quotidiens d’information gratuits et de la lecture sur internet."

20.09.2007

"Pour une nouvelle dynamique de la chaîne du livre"

La Société des Gens de Lettres (SGDL) reçoit...

baca13e1d0d4baf5b4ce253a36e6c0a2.jpg

Les 8 et 9 octobre 2007, dans les salons du bel Hôtel de Massa (Paris 14e), des "gens du livre" (sinon de lettres) tels que Bruno Racine, Christian Thorel, Florence Noiville (Le Monde), Daniel Garcia (Livres Hebdo), Olivier Rubinstein (Denoël), Denis Zwirn (Numilog) discuteront de sujets aussi divers et importants que "Les perspectives de l'édition face à la numérisation des contenus et aux modes d'édition électronique", "L'implication de l'auteur dans l'économie du livre" ou encore "Les enjeux de la librairie indépendante". Signalons la présence de Roger Chartier, qui devrait intervenir le 9 octobre à 16h aux côtés de François Gèze et Denis Mollat.

Nul doute que les nombreux rapports, enquêtes et livres blancs publiés ces derniers mois sur toutes ces questions seront discutés - et, parmi eux, le récent "Rapport pour une modernisation de la chaîne du livre" qui préconise une refonte de l'aide publique accordée au livre. Pour les plus pressés, Bibliofrance résume les grandes lignes de ce document intéressant.

18.09.2007

Le portail du S.L.F. : de quelques erreurs têtues...

A partir d'un constat - le travail du libraire, la vie économique de son entreprise, son "métier" lui-même ne sont plus les mêmes après l'émergence d'un phénomène croissant, celui de la librairie en ligne - le Syndicat de la Librairie française a choisi de prendre les choses à bras le corps. Et à proposer aux libraires d'exister au sein d'un portail. Or la communication autour du projet, reflet de sa conception et de la stratégie de ses commanditaires, témoigne d'une vision qui me semble partiellement erronée du marché du livre sur le Web. J'en veux pour preuve, au-delà de ma propre expérience, les propos tenus par Hélène Clemente, Chargée de mission, qui s'expliquait sur le projet en mars 2007.

Florilège :

- "Il s'agit d'un portail des libraires indépendants, et donc tous les libraires qui le sont peuvent être concernés, qu'ils soient syndiqués ou non." Qu'est-ce qu'un libraire "indépendant" ? La librairie Gibert Jeune est une librairie "indépendante", qui nous semble avoir plus de moyen qu'un autre, de (beaucoup) plus petite taille, pour proposer son offre en ligne. La notion d'indépendance de la librairie est l'une des plus floues qui soit. Fourre-tout ?

- "Le socle, c'est déjà une base de données bibliographique mutualisée, avec des notices de livres assez élaborées, qui soit la plus exhaustive possible, j'insiste sur ce point, et qui sera mise en relation avec le stock des libraires. Il faut donc pouvoir trouver n'importe quel livre, et voir où il est disponible." Comment ça marche ? Quelle solution technique assez puissante (à quel prix ?) peut assurer une actualisation immédiate, en temps réel, de plusieurs centaines de stocks ? J'ai exercé pendant plusieurs années dans une librairie off et on-line - on disait autrefois le "brick and mortar" : la question de la virtualité du stock en ligne et de ses rapports avec la réalité physique des stocks en surface de vente est l'une des plus problématiques qui se posent dans le quotidien d'un (web) libraire (et que ne connaît pas ou très peu une entreprise comme Fnac.com). Le socle ressemble pour moi à un monstre en argile. Bientôt les pluies d'automne, attention...

- "Lorsqu'ils chercheront un livre, ils verront si leur libraire l'a en stock, et si oui, ils pourront le réserver et passer le chercher. C'est ce qui sera probablement le plus fréquent". Non, assurément ça n'est pas là le plus fréquent, le plus fréquent c'est de recevoir son livre chez soi à moindre coût. Pourquoi aller chercher mon bouquin à Vincennes, si j'habite La Motte Picquet, alors qu'Amazon me l'expédie pour pas un sou en un délai express, c'est là la vraie question à poser. Or la question d'une vraie proposition de tarif privilégié, réservé à certains (web) libraires, pour l'envoi des colis n'est pas posée.

La commercialisation du livre en ligne a modifié les comportements des acheteurs. Or ce sont ces comportements qu'il faut prendre en compte, pas celui des libraires. Au risque de créer un gadget énorme mais peu utilisé...

15.09.2007

Vers un label pour la librairie indépendante ?

Le "Rapport de la Mission de réflexion sur la Librairie indépendante", remis par Antoine Gallimard à la Ministre de la Culture, est disponible.

Où l'on apprend (sans vraiment l'apprendre mais bon) que "la rentabilité nette moyenne annuelle d'une petite librairie est (...) de 1800 euros." Comment faire, à ce prix-là, pour trouver du petit personnel, je vous le demande...

Le numérique n'est évidemment pas absent du rapport remis par Gallimard à Madame le Ministre. Mais le propos se focalise sur l'émergence des très gros méchants libraires en ligne, de ceux qui pratiquent l'expédition gratuite des commandes, sans prendre en compte les efforts de chacun des "petits" libraires pour exister sur la toile : "Internet est la troisième source de concurrence des librairies. Bien qu'il ne représente aujourd'hui que 4 % des parts du marché du livre, son impact est très logiquement appelé à se développer. Libérés des contraintes de la gestion spatiale des stocks, les sites de vente sur Internet garantissent en effet à leurs clients un accès relativement rapide à l'intégralité du fonds de la production. La gratuité d'acheminement de la marchandise, qui fait aujourd'hui l'objet d'une bataille juridique entre le SLF et l'un des portails, est également un argument de vente qui ne manque pas de séduire de nombreux internautes."

Au passage, on appréciera la légèreté de la formule : "Libérés des contraintes de la gestion spatiale des stocks"... les professionnels de la profession apprécieront.

On observe par ailleurs que ce rapport, s'il soutient la création d'un "portail de libraires indépendants sur Internet", ne fait à aucun moment allusion à une aide concrète, de la part des institutions, pour doter ces mêmes libraires d'outils performants qui leur permettent de valoriser leur fonds sur le Web. A l'instar du S.L.F., il n'est question que d'un méga truc improbable genre portail* - même si le terme de "géolocalisation" est absent du Rapport d'Antoine Gallimard, l'idée est très proche de celle du S.N.L. Mais pourquoi pas une aide à chacun des libraires pour l'aider à réaliser, référencer et faire vivre son site, et l'aider à expédier à moindre coût (un "tarif livre" plus efficace que celui qui existe déjà pourrait être créé, par exemple) ?

Heureusement, "L'arrivée du numérique pourrait certes constituer une réponse aux problèmes posés par la diffusion des fonds d'éditeur. Mais défendre ces fonds en librairie n'est pas un combat d'arrière-garde et la valeur d'usage du livre n'est pas remise en cause : c'est évidemment sur la complémentarité des supports et des réseaux qu'il faut parier." ; ça ne mange pas de pain...

Rappelons après l'auteur du rapport que "La librairie indépendante reste certes le premier réseau de vente au détail avec 41 % de ce marché en 2006, mais ses positions ont régressé sur les dix dernières années. Si elle maintient sa place en littérature et en sciences humaines (50 % du marché), elle fléchit de façon inquiétante pour la littérature de jeunesse, les dictionnaires et le domaine pratique. Pour certains types de fonds, quantitativement marginaux (théâtre, poésie, édition d'art), certaines nouveautés ou certains éditeurs,elle représente quasiment le seul marché."

* Rappelons le goût mimétique, immodéré et cocoricoesque de nos autorités pour les méga-portails aussi coûteux qu'inusités : qui utilise le fameux moteur "européen" et chiraquien qui devait rivaliser avec Google ? Quoi de neuf du côté du prototype Europeana ?

12.09.2007

Evénement

2cfcef14f9005a8ca316966f488ae028.jpgLa "2ème Conférence et expo mondiale sur l'édition numérique" se tiendra à Amsterdam les 17 et 18 octobre 2007. Au programme : mobilité, 2.0, Web T.V., et la promesse d'une "rentabilité tirée à 50% des revenus numériques". L'événement est très largement consacré à la presse (hebdo, spécialisée, grand public, etc.), mais gageons que les conversations, de fil en aiguille, vont rouler sur les vagues qui agitent l'édition aujourd'hui. Le "2.0" ne s'arrêtera pas là...

11.09.2007

Mollat vox librairie

En attendant les chats en direct avec les libraires, dont un des nombreux blogs "cousins" (pardon, j'ai oublié lequel) annonçaient l'arrivée imminente sur le site du libraire bordelais, Mollat a créé "Mollat vox podcast", qui à l'instar de toute bonne radio d'aujourd'hui, propose d'écouter à loisir les propos tenus lors des rencontres et signatures organisées dans les lieux. Une manière intéressante d'affirmer que la librairie existe "dans les murs", et non seulement dans des briques HTML ; une manière aussi de se distinguer des libraires "hors les murs" qui eux n'existent que sur la toile, et n'ont pas encore réflechi à la question...

A ce sujet, Vincent Olivier signalait justement combien les évolutions très stratégiques d'Amazon consistaient peu à peu à édifier un "nouveau média". Il ne reste plus en effet au libraire qu'à se procurer quelques web radios bien choisies, ou de créer un espace où ces rencontres entre les auteurs et leurs lecteurs seraient possibles, sans pour autant s'encombrer d'un stock et de libraires, pour transformer Amazon.fr en lieu d'échange plus convivial... (voir à ce sujet la "web radio du livre" de Radio-France)

Et la télé ?

Toutes les notes