17.04.2007

Lire [les Cahiers] aux cabinets

Les Cahiers du cinéma en ligne... en anglais.medium_logo-cahiers-du-cinema.2.jpg

Alors que son lectorat francophone doit se contenter d'un sommaire en ligne et de quelques critiques, les cinéphiles anglophones ont droit quant à eux à une version anglaise des Cahiers du cinéma plus séduisante. Sur la petite centaine de pages que comprend chaque numéro de la revue, le site e-cahiersducinema.com propose une démo de quelque vingt pages de textes critiques joliment illustrées. Comme la version papier (et pour un prix équivalent : 4 $). Avec intégration très graphique (c'est-à-dire qu'elle respecte la maquette de la revue papier) d'une bande annonce vaguement assourdissante (dans l'article intitulé "A musical breach", de Gilles Grand).

Après l'exemple cité dans un billet du mois dernier ("C'est Mozart qu'on ressuscite", à propos du site de la British Library), les Cahiers font la preuve que le "feuilletage" d'un "objet de lecture" en ligne est une solution maîtrisée et viable. Mais de quoi s'agit-il au fond ? De promouvoir la revue auprès d'un public anglophone ? Quelles sont les retombées de cette élégante version numérique sur les ventes ou les abonnements de la revue papier - ou sur la vente des archives en ligne ?

Lire aux cabinets VS Polocolo
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En attendant, qu'en est-il du "livre" ? C'est-à-dire, dans le rapport symbolique et culturel qui est le nôtre aujourd'hui face à l'objet livre - qu'en est-il de la fiction ? Le dernier "polocolo" (Paolo Coelho) égrène ses chapitres au rythme d'un chapitre en accès libre par mois sur le blog de l'auteur, jusquà la mise en place du livre "entier", et sur papier, dans les librairies (entre le fromage et les pinces à linge en particulier). Effet garanti: par l'odeur alléchés les moutons vont se ruer sur l'ouvrage... Il y a sans doute là une piste que les marketeurs des maisons d'édition ne manqueront pas d'explorer incessamment. L'auteure autrichienne Elfried Jelinek donne à lire quant à elle des pages de son "Privatroman", intitulé Neid, sur Internet. Alors même que ces pages ne semblent pas destinées à une publication imprimée...
Qu'aurait pensé Henri Miller de tout ça, lui qui fustigeait notre manie de lecture jusque dans les lieux les plus intimes (Lire aux cabinets, éditions Allia) ? Plus sérieusement, la disparition du livre est-elle en jeu dans ces innovations ?

Moi j'aime bien lire les Cahiers aux cabinets...

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